Un homme qui signe un contrat sous l'indication d'une autre personne

Peut-on faire une rupture conventionnelle pour suivre une formation ?

La rupture conventionnelle représente une solution légale permettant de quitter son emploi dans de bonnes conditions. Lorsqu’un salarié souhaite se reconvertir ou acquérir de nouvelles compétences, cette procédure offre un cadre sécurisé pour financer sa formation tout en percevant des indemnités.

Quel est le cadre légal pour une rupture conventionnelle pour formation ?

Le Code du travail autorise expressément la rupture conventionnelle pour motif de formation. Cette disposition permet aux salariés de négocier leur départ avec leur employeur afin de poursuivre un projet professionnel. L’article L1237-11 du Code du travail encadre cette procédure qui nécessite l’accord mutuel des deux parties.

Le salarié peut invoquer différents motifs liés à la formation : reconversion professionnelle, acquisition de nouvelles qualifications, reprise d’études ou formation dans un secteur différent. L’employeur n’est pas tenu d’accepter mais la négociation reste ouverte. Cette flexibilité distingue la rupture conventionnelle du licenciement ou de la démission classique. La procédure impose un délai de rétractation de 15 jours calendaires après signature de la convention. Ce délai protège le salarié contre une décision prise trop hâtivement. Une fois ce délai écoulé sans rétractation, la rupture devient définitive après homologation par la direction départementale de l’emploi.

Les avantages financiers de cette rupture conventionnelle

La rupture conventionnelle pour formation présente des avantages financiers significatifs par rapport à une démission. Le salarié perçoit une indemnité de rupture au minimum égale à l’indemnité légale de licenciement. Cette indemnité peut être négociée à la hausse selon l’accord trouvé avec l’employeur.

L’accès aux allocations chômage constitue le principal avantage. Contrairement à la démission classique, la rupture conventionnelle ouvre droit aux allocations Pôle emploi. Le montant dépend du salaire de référence et de la durée de cotisation. Cette sécurité financière permet de financer sereinement sa formation. Les droits à la formation professionnelle sont préservés. Le compte personnel de formation (CPF) reste disponible et peut être mobilisé pour financer tout ou partie des frais pédagogiques. Certaines formations longues peuvent également bénéficier d’aides spécifiques de Pôle emploi ou des régions.

Comment négocier sa rupture conventionnelle ?

La négociation débute par un entretien informel avec son supérieur hiérarchique ou les ressources humaines. Le salarié expose son projet de formation et les raisons qui motivent sa demande. Cette approche permet de tester la réceptivité de l’employeur avant d’engager la procédure officielle.

La préparation du dossier renforce la crédibilité de la demande. Le salarié doit présenter un projet de formation cohérent : choix de l’organisme, durée, financement envisagé et perspectives professionnelles. Plus le projet apparaît structuré, plus l’employeur sera enclin à accepter la négociation. Les éléments à négocier comprennent :

  • Le montant de l‘indemnité de rupture conventionnelle
  • La date de fin du contrat de travail
  • Les modalités de transmission des dossiers en cours
  • La rédaction d’une lettre de recommandation
  • Le maintien de certains avantages durant la période de préavis

Devez-vous choisir une upture conventionnelle ou une démission pour vous former ?

La démission pour formation existe dans des cas très précis. Elle ouvre droit aux allocations chômage uniquement si la formation est éligible au CPF de transition professionnelle (ex-CIF) ou dans le cadre d’un projet de reconversion. Ces conditions restrictives rendent la démission moins avantageuse que la rupture conventionnelle.

La rupture conventionnelle offre une sécurité juridique supérieure. L’accord mutuel évite les contentieux potentiels liés à une démission abusive. L’employeur peut même apporter son soutien au projet de formation en maintenant certains liens professionnels. Les délais de traitement diffèrent également. La démission prend effet immédiatement après respect du préavis, tandis que la rupture conventionnelle nécessite l’homologation administrative. Cette étape supplémentaire peut retarder le début de la formation mais sécurise davantage le processus.

Une personne qui remet une lettre de démission

Quelles sont les formations éligibles à cette procédure de résiliation ?

Aucune restriction légale ne limite le type de formation justifiant une rupture conventionnelle. Les formations diplômantes, qualifiantes ou de reconversion sont toutes éligibles. L’employeur évalue la cohérence du projet mais ne peut imposer de critères discriminatoires.

Les formations courtes de quelques semaines aux cursus universitaires de plusieurs années peuvent justifier cette rupture. La durée importe moins que la qualité du projet professionnel présenté. Certains employeurs acceptent plus facilement les formations en lien avec leur secteur d’activité. Les formations financées par le CPF, Pôle emploi ou les organismes régionaux renforcent la crédibilité de la demande. Le salarié démontre ainsi sa capacité à mobiliser les dispositifs existants et à s’investir personnellement dans son projet. Cette démarche proactive impressionne favorablement les employeurs réticents.

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