La profession de sage-femme attire chaque année plus de candidats qu’elle ne peut en former. Avec environ 1 000 places ouvertes pour plusieurs milliers de candidatures, la sélection reste exigeante. La voie d’accès et le programme ont profondément changé depuis la réforme du premier cycle des études de santé. Tour d’horizon du parcours actuel.
L’accès aux études : PASS et LAS
Depuis 2020, l’accès aux études de sage-femme se fait via deux voies parallèles. La première, le PASS (parcours accès santé spécifique), est une première année dédiée aux études de santé, avec une mineure dans une autre discipline. La seconde, la LAS (licence accès santé), est une licence classique (droit, sciences, lettres) avec une mineure santé.
À la fin de la première année, les étudiants ayant validé leur année et obtenu un classement suffisant peuvent candidater aux études de maïeutique. Les places sont attribuées sur la base de notes obtenues en première année et d’épreuves orales pour départager les candidats à seuils équivalents.
La concurrence reste forte. En 2026, le nombre de places ouvertes pour les études de sage-femme se situe autour de 1 030 par an pour la France entière, réparties entre les écoles de sages-femmes adossées aux facultés de médecine. Le taux de réussite des candidats à l’entrée se situe autour de 8 à 12 % selon les universités.
Le cursus de quatre ans en école
Après la première année, les étudiants admis intègrent une école de sages-femmes pour quatre années supplémentaires, soit cinq ans d’études au total. Le diplôme d’État de sage-femme s’obtient en fin de cinquième année et confère le titre de docteur en maïeutique.
Le cursus alterne enseignements théoriques et stages avec une montée en autonomie progressive :
- Première phase (2 ans) : sciences fondamentales, physiologie, embryologie, premières observations
- Deuxième phase (2 ans) : pratique clinique, accouchements supervisés puis en autonomie progressive
- Stages obligatoires : maternité, salle de naissance, suites de couches, consultations prénatales
- Stages annexes : gynécologie, néonatalogie, urgences, médecine générale
- Mémoire de fin d’études et soutenance publique
L’étudiant en cinquième année réalise généralement 80 à 120 accouchements en autonomie supervisée, et participe à plusieurs centaines de consultations et de suites de couches. Ce volume pratique conditionne la délivrance du diplôme.
Statut étudiant et rémunération en stage
Les étudiants en maïeutique ont un statut hybride entre étudiant et soignant. À partir de la troisième année, ils touchent une rémunération de stage qui augmente progressivement jusqu’à la cinquième année. Les montants en 2026 se situent autour de 200 à 450 € par mois selon l’année d’études.
Les frais de scolarité dans les écoles publiques restent modestes (autour de 170 à 250 € par an), mais peuvent atteindre plusieurs milliers d’euros dans les rares structures privées. Les bourses sur critères sociaux du CROUS sont accessibles à partir de la deuxième année, et les stages permettent d’amortir partiellement les coûts.

Pour les étudiants en difficulté financière, plusieurs aides spécifiques existent : aide d’urgence du CROUS, bourse d’engagement de service public (avec engagement de travailler dans le public quelques années), prêts étudiants à taux préférentiel.
Débouchés et premières années d’exercice
Le taux d’insertion à la sortie de l’école atteint 95 à 98 % dans les six mois suivant le diplôme. La France connaît une pénurie de sages-femmes dans certaines régions, ce qui ouvre des postes rapidement, parfois avant même la délivrance officielle du diplôme.
Le premier poste se fait majoritairement en hôpital public ou en clinique, sur des CDD au démarrage avant titularisation. L’installation en libéral demande généralement quelques années d’expérience hospitalière pour acquérir les gestes et la confiance professionnelle. La PMI, l’enseignement et la recherche constituent d’autres débouchés, plus rares mais accessibles avec l’expérience.
La rémunération en début de carrière varie selon le mode d’exercice. Le détail des fourchettes salariales selon les modes d’exercice est précisé dans l’article dédié au salaire d’une sage-femme, qui compare hôpital public, clinique privée, libéral et fonction territoriale.
Pour des questions précises d’orientation et de débouchés, le service d’orientation des universités et l’Ordre des sages-femmes sont les sources les plus fiables.

